Une injection symbolique, mais la confiance du peuple reste fragile
L’annonce de la Banque centrale du Congo (BCC) injecter 50 millions USD pour sauver le franc congolais ressemble davantage à un geste psychologique qu’à une solution durable. Certes, un taux officiel à 2 776 FC peut calmer temporairement les marchés, mais quelle est la réalité au marché central de Kinshasa, à Goma ou à Mbuji-Mayi ? Le dollar y frôle déjà les 3 000 FC, et la population ne le ressentira pas dans le panier de la ménagère.
En vérité, le problème n’est pas seulement la quantité de devises disponibles, mais la perte de confiance profonde que les citoyens ont vis-à-vis de leur monnaie. Tant que :
- l’inflation ronge les salaires,
- le secteur productif reste faible,
- et que le marché noir est plus attractif que le système bancaire,
…toute injection restera une mesure d’urgence, sans effets structurels.
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La Banque centrale encourage les acteurs économiques à passer par les banques : très bien. Mais à quelles conditions ? Dans une économie largement informelle, où plus de 80 % des transactions se font en cash, comment convaincre un petit commerçant de changer ses habitudes ?
Cette initiative montre au moins que les autorités prennent conscience de l’urgence. Il faut maintenant aller plus loin : renforcer la production locale, stabiliser les prix des biens de première nécessité, et rétablir la confiance entre l'État et les citoyens.
Conclusion : Un geste financier peut ralentir la chute, mais seule une politique économique cohérente peut faire remonter le franc congolais et surtout, redonner espoir à un peuple fatigué