Le Salongo : entre devoir citoyen et défi d’assainissement à Goma
Chaque samedi matin, les rues de Goma changent de visage. Les activités commerciales ralentissent, les motos disparaissent temporairement des grands axes et les habitants se consacrent aux travaux communautaires appelés “Salongo”. Pendant deux heures, la ville tente de reprendre son souffle face à l’insalubrité grandissante.
Au-delà d’une simple obligation administrative, le Salongo représente un symbole de responsabilité collective. Dans une ville confrontée à une urbanisation rapide, à l’insuffisance des infrastructures publiques et à la multiplication des déchets ménagers, ces travaux communautaires rappellent que l’assainissement ne dépend pas uniquement des autorités, mais aussi du comportement des citoyens.
Cependant, plusieurs défis persistent. Beaucoup de quartiers manquent encore de systèmes efficaces de collecte des déchets, tandis que certaines avenues redeviennent insalubres quelques jours seulement après le passage des équipes d’assainissement. Cette réalité montre que le Salongo, bien qu’utile, ne peut à lui seul résoudre durablement les problèmes environnementaux de Goma.
Pour être réellement efficace, cette initiative devrait s’accompagner d’une politique urbaine plus structurée : multiplication des points de collecte, sensibilisation permanente des ménages, recyclage des déchets et sanctions contre les dépôts anarchiques. L’implication des jeunes, des associations locales et des entreprises privées pourrait également renforcer cette dynamique communautaire.
Le Salongo demeure donc une opportunité importante pour bâtir une culture citoyenne autour de la propreté urbaine. Mais pour transformer durablement Goma, l’effort collectif doit aller au-delà des deux heures du samedi matin.
