Tracasseries routières au Nord-Kivu : quand la route devient une taxe parallèle

Sur l’axe Lubero–Kasugho, le transport des marchandises ressemble de moins en moins à une activité économique normale et de plus en plus à un parcours de prélèvements permanents. Pour un camion, les frais imposés atteignent désormais 55 000 FC à l’aller, sans compter les barrières nocturnes et les autres paiements annexes signalés par les transporteurs.  À chaque arrêt, un montant est exigé. 5 000 FC ici, 10 000 FC là-bas. Pris séparément, ces montants peuvent sembler modestes. Mais cumulés sur un seul trajet, ils deviennent une charge lourde qui finit par retomber sur le consommateur final. Le problème dépasse largement la simple question des barrières routières. Il touche directement à l’économie locale, au pouvoir d’achat des ménages et à la survie des petits commerçants.  Dans une province déjà fragilisée par l’insécurité, l’instabilité des marchés et la faiblesse des infrastructures, chaque coût supplémentaire étouffe davantage les circuits économiques. Les transporteurs augmentent leurs tarifs pour compenser les pertes, les commerçants répercutent ces hausses sur les produits, et les familles paient finalement plus cher la farine, l’huile, le savon ou les produits agricoles.  Ainsi, les tracasseries routières deviennent une forme de taxation informelle qui pénalise toute la chaîne économique. Le cas du PV de colisage de 15 000 FC exigé par certains services ajoute encore au malaise.  Lorsque les prélèvements se multiplient sans lisibilité, sans harmonisation et parfois sans justification claire, la confiance entre les opérateurs économiques et les institutions publiques s’effrite progressivement. Or, une économie locale ne peut prospérer dans un climat où circuler devient un luxe.  Le Nord-Kivu a besoin de routes qui facilitent les échanges, pas de barrières qui ralentissent l’activité économique. Les autorités provinciales et nationales sont appelées à renforcer le contrôle des perceptions routières, à identifier les barrières illégales et à instaurer une transparence dans les frais officiellement reconnus.  La libre circulation des biens n’est pas seulement une question logistique. C’est une condition essentielle pour soutenir les marchés locaux, encourager les investissements et protéger le panier de la ménagère. À force de multiplier les paiements sur les routes, on finit par transformer le commerce en combat quotidien. Et dans ce combat, ce sont toujours les populations qui paient le prix le plus lourd.

Sur l’axe Lubero–Kasugho, le transport des marchandises ressemble de moins en moins à une activité économique normale et de plus en plus à un parcours de prélèvements permanents. Pour un camion, les frais imposés atteignent désormais 55 000 FC à l’aller, sans compter les barrières nocturnes et les autres paiements annexes signalés par les transporteurs.

À chaque arrêt, un montant est exigé. 5 000 FC ici, 10 000 FC là-bas. Pris séparément, ces montants peuvent sembler modestes. Mais cumulés sur un seul trajet, ils deviennent une charge lourde qui finit par retomber sur le consommateur final. Le problème dépasse largement la simple question des barrières routières. Il touche directement à l’économie locale, au pouvoir d’achat des ménages et à la survie des petits commerçants.

Dans une province déjà fragilisée par l’insécurité, l’instabilité des marchés et la faiblesse des infrastructures, chaque coût supplémentaire étouffe davantage les circuits économiques. Les transporteurs augmentent leurs tarifs pour compenser les pertes, les commerçants répercutent ces hausses sur les produits, et les familles paient finalement plus cher la farine, l’huile, le savon ou les produits agricoles.

Ainsi, les tracasseries routières deviennent une forme de taxation informelle qui pénalise toute la chaîne économique. Le cas du PV de colisage de 15 000 FC exigé par certains services ajoute encore au malaise.

Lorsque les prélèvements se multiplient sans lisibilité, sans harmonisation et parfois sans justification claire, la confiance entre les opérateurs économiques et les institutions publiques s’effrite progressivement. Or, une économie locale ne peut prospérer dans un climat où circuler devient un luxe.

Le Nord-Kivu a besoin de routes qui facilitent les échanges, pas de barrières qui ralentissent l’activité économique. Les autorités provinciales et nationales sont appelées à renforcer le contrôle des perceptions routières, à identifier les barrières illégales et à instaurer une transparence dans les frais officiellement reconnus.

La libre circulation des biens n’est pas seulement une question logistique. C’est une condition essentielle pour soutenir les marchés locaux, encourager les investissements et protéger le panier de la ménagère. À force de multiplier les paiements sur les routes, on finit par transformer le commerce en combat quotidien. Et dans ce combat, ce sont toujours les populations qui paient le prix le plus lourd.