Comment rendre les marchés locaux plus compétitifs ?


À Goma, les marchés locaux sont au cœur de l’économie populaire. Ce sont des lieux vivants où se croisent quotidiennement producteurs, commerçants, artisans et consommateurs. Mais malgré leur vitalité, ces espaces font face à une compétition croissante : grandes surfaces, commerce transfrontalier, digitalisation du commerce, fluctuations des prix et exigences des consommateurs. La question se pose alors : comment rendre ces marchés plus compétitifs tout en préservant leur rôle social et économique ?

1. Améliorer l’organisation du commerce de proximité

La compétitivité commence par une meilleure organisation interne des marchés. Trop souvent, les espaces sont surchargés, les produits mal présentés, et les règles de fonctionnement floues ou inégalement appliquées. Il est essentiel de :

  • Mettre en place des comités de gestion professionnels et représentatifs,
  • Définir clairement les droits et devoirs des commerçants,
  • Encourager la formalisation progressive des petites activités (registre simplifié, identification fiscale allégée),
  • Promouvoir une culture de qualité et de service client.

Une organisation plus rigoureuse permet d’inspirer confiance, tant aux consommateurs qu’aux partenaires financiers.

2. Investir dans des infrastructures modernes et adaptées

Les infrastructures actuelles des marchés de Goma sont souvent vétustes, voire inexistantes. Des investissements ciblés dans la réhabilitation ou la reconstruction des marchés sont indispensables pour améliorer les conditions de travail et attirer une clientèle plus large.

Parmi les priorités :

  • Construire des hangars couverts avec bonne ventilation,
  • Mettre en place des points d’eau, des toilettes et un éclairage public,
  • Créer des zones de stockage sécurisées pour limiter les pertes,
  • Assurer l’assainissement régulier et la gestion des déchets.

Des infrastructures modernes valorisent les produits locaux, sécurisent les transactions, et rendent l’expérience d’achat plus agréable pour les clients.

3. Élargir les canaux de distribution

Les marchés physiques ne doivent plus se limiter à leur seule zone géographique. Avec l’explosion des usages numériques, même les petits commerçants peuvent élargir leur clientèle via :

  • Les ventes par téléphone ou WhatsApp,
  • La création de groupes communautaires de commande en ligne,
  • Des partenariats avec des jeunes développeurs ou start-ups locales pour des plateformes de commerce mobile,
  • Le recours à des services de livraison de proximité, surtout dans les quartiers périphériques.

Cela implique de former les commerçants aux outils numériques et de renforcer l’accès à l’électricité et à la connectivité dans les marchés.

4. Favoriser la coopération entre acteurs locaux

La concurrence excessive entre vendeurs, l’absence de coordination entre producteurs, commerçants et autorités locales freinent la compétitivité globale. Il faut encourager :

  • La création de coopératives ou d’associations de commerçants,
  • Le dialogue public-privé pour co-construire les politiques de gestion du commerce local,
  • Les alliances entre producteurs et distributeurs pour sécuriser les approvisionnements,
  • L’intégration des ONG, des institutions de microfinance et des incubateurs pour soutenir la modernisation du secteur.

Une approche collective permet de mutualiser les ressources, d’accroître le pouvoir de négociation et d’innover plus efficacement.

5. Promouvoir une identité commerciale locale

Enfin, les marchés de Goma gagneraient à affirmer leur singularité. En valorisant les produits du terroir, l’artisanat local, les spécialités culinaires ou vestimentaires, les marchés peuvent se positionner comme des espaces identitaires et attractifs, non seulement pour la population locale mais aussi pour les visiteurs de passage.

Il s’agit de redonner fierté et visibilité aux marchés à travers des campagnes de promotion, des événements commerciaux (foires, journées du marché), et même des circuits touristiques orientés vers l’économie populaire.


Conclusion

La compétitivité des marchés locaux ne se joue pas uniquement sur les prix ou la rapidité des ventes. Elle dépend d’un ensemble de facteurs : organisation, innovation, infrastructures, coopération et identité. En investissant dans ces leviers, Goma peut transformer ses marchés en pôles économiques modernes, dynamiques et inclusifs, capables de répondre aux défis d’aujourd’hui sans perdre leur ancrage communautaire.