Structurer les marchés locaux : enjeux et solutions

1. Structurer les marchés locaux : Enjeux et solutions

Les marchés de Goma sont des piliers essentiels de l’économie urbaine, mais ils évoluent dans un contexte marqué par une forte informalité et de nombreuses contraintes. Entre manque d’infrastructures adaptées, désorganisation interne, réglementation peu claire et défis logistiques quotidiens, ces espaces de commerce peinent à répondre à la demande croissante d’une ville en pleine expansion.

Problèmes identifiés :

  • Infrastructures insuffisantes ou délabrées : la majorité des marchés ne disposent pas de toitures solides, de zones de stockage sécurisées, ni de services d’hygiène adéquats.
  • Insuffisance de régulation claire : les commerçants subissent parfois une multiplicité de taxes, d’autorisations redondantes et un manque de gouvernance transparente.
  • Accès difficile aux marchés en raison de l’encombrement, du manque de voies d’accès ou de la saturation des espaces.

Solutions proposées :

  • Mettre en place des plans d’aménagement participatifs, avec des zones sectorisées (vivres, habillement, artisanat, etc.).
  • Investir dans la modernisation des infrastructures : hangars couverts, éclairage, sanitaires, sécurité.
  • Clarifier et simplifier le cadre juridique et fiscal, en renforçant les capacités des entités de gestion.
  • Introduire une gestion coordonnée et numérique des emplacements, taxes et autorisations.

Structurer les marchés, c’est leur permettre d’atteindre leur plein potentiel économique et social dans un environnement durable et sécurisé.


2. Les marchés comme lieux d’insertion économique : Vers une économie inclusive

Les marchés locaux de Goma sont bien plus que des espaces de commerce : ce sont aussi des portes d’entrée vers l’autonomie économique pour de nombreux citoyens. En particulier, les jeunes, les femmes, les déplacés internes ou les personnes à faible niveau de scolarité y trouvent un moyen de subsistance et une base pour entreprendre.

Leur rôle inclusif :

  • Création d’emplois de survie et d’auto-emploi immédiat.
  • Accès rapide à une clientèle locale, sans grandes barrières à l’entrée.
  • Transmission intergénérationnelle de savoir-faire commerciaux et artisanaux.
  • Apprentissage sur le terrain des notions de gestion, de négociation, d’adaptation.

Pistes d’action pour renforcer cette insertion :

  • Créer des zones protégées pour les jeunes entrepreneurs et les femmes dans les marchés.
  • Lancer des programmes de formation de base en gestion, comptabilité simplifiée, hygiène alimentaire.
  • Faciliter l’accès à des petits financements inclusifs, adaptés à la réalité informelle.
  • Accompagner la formalisation progressive des activités pour améliorer la sécurité sociale et juridique des commerçants.

Une économie inclusive passe par la reconnaissance du rôle central que jouent les marchés dans l’intégration socioéconomique des plus vulnérables.


3. Numérisation des marchés locaux : L’avenir du commerce de proximité

L’avenir des marchés passe inévitablement par une transition numérique adaptée. À Goma, cette mutation est déjà perceptible : paiements via mobile money, commandes par téléphone, visibilité accrue sur les réseaux sociaux... Autant de signaux d’une digitalisation progressive du commerce populaire.

Avantages de la numérisation :

  • Sécurisation des transactions (moins de cash, moins de vols).
  • Amélioration de la gestion (suivi des stocks, comptabilité).
  • Elargissement de la clientèle, au-delà du périmètre physique du marché.
  • Visibilité et image professionnelle accrue pour les commerçants actifs en ligne.

Initiatives à encourager :

  • Former les commerçants à l’usage des outils numériques de base (paiement mobile, prise de commande en ligne, communication digitale).
  • Créer des applications ou plateformes locales pour la vente des produits de marché.
  • Promouvoir des partenariats entre start-ups, commerçants et autorités locales.
  • Équiper les marchés de points de recharge et de connexion Internet communautaire.

Numériser les marchés, c’est leur offrir un avenir connecté, résilient et capable de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation.


4. Impact des marchés locaux sur l’économie régionale

L’impact économique des marchés locaux va bien au-delà des transactions quotidiennes. À Goma, ils représentent un moteur puissant de l’économie régionale, structurant les flux commerciaux entre la ville, les campagnes environnantes, et même les pays voisins.

Impacts clés :

  • Création massive d’emplois directs et indirects : commerçants, transporteurs, artisans, réparateurs, etc.
  • Canal essentiel de commercialisation des productions rurales, notamment vivrières.
  • Dynamisation du secteur informel, en apportant des revenus stables à des milliers de ménages.
  • Effet d’entraînement sur d’autres secteurs : logistique, artisanat, services financiers, etc.

Valoriser leur contribution :

  • Intégrer les marchés dans les plans de développement économique urbain et régional.
  • Récolter des données statistiques fiables sur leurs performances et leur contribution.
  • Soutenir les marchés comme leviers de croissance pour les territoires voisins (Masisi, Rutshuru, Ituri…).
  • Promouvoir les marchés comme espaces d’innovation économique populaire.

Les marchés de Goma ne sont pas des structures archaïques à moderniser à contre-courant, mais des catalyseurs économiques puissants qu’il faut intégrer, outiller et soutenir.


Conclusion générale du Dossier

Structurer, intégrer, moderniser et numériser les marchés locaux de Goma est une priorité stratégique pour renforcer la résilience économique de la ville, stimuler l’inclusion sociale, et dynamiser l’économie régionale. Ces espaces, trop souvent marginalisés dans les politiques publiques, sont pourtant des moteurs vivants de l’économie populaire et de la création de richesse. Les solutions existent, portées par les commerçants eux-mêmes, les innovateurs locaux, et les dynamiques communautaires : il est temps de les écouter, les appuyer, et co-construire les marchés de demain.