Des acteurs locaux de l’éducation à Goma
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Depuis plus de 15 ans, M. Bahati Mwamba forme des jeunes à la mécanique automobile dans un petit atelier aménagé au sein du Centre Technique de Goma. Passionné par son métier, il a su faire évoluer sa pédagogie en intégrant les nouvelles technologies, mais aussi en mettant l’accent sur l’apprentissage par la pratique.
« On ne forme pas un bon mécanicien uniquement avec des manuels. Il faut qu’il sente le moteur, qu’il démonte, qu’il se trompe, puis qu’il corrige. »
Confronté au manque d’outils modernes et de pièces détachées, il s’efforce de créer des maquettes à partir de matériaux recyclés. Il milite également pour le renforcement des partenariats avec les garages locaux pour faciliter les stages de ses étudiants.
2. Mme Chantal Kavira – Directrice de l’École Technique Féminine “Uwezo”
Dans un environnement où les jeunes filles sont encore peu nombreuses dans les filières techniques, Mme Chantal Kavira a fondé l’École Uwezo pour encourager l’accès des filles aux métiers techniques : soudure, électricité, couture industrielle.
« Nos filles doivent apprendre à créer leur avenir, à manier les outils comme les hommes, mais aussi à gérer un atelier, une entreprise. »
Avec une approche pédagogique inclusive et orientée vers l’autonomie, elle a développé un programme d’alphabétisation économique et d’initiation à l’entrepreneuriat. Malgré les difficultés de financement, son école accueille aujourd’hui plus de 120 apprenantes, dont certaines sont déjà à la tête de petites unités de production.
3. Jonas Kazadi – Coordinateur pédagogique à la Goma Digital Academy
Jeune, dynamique et autodidacte, Jonas Kazadi a été l’un des premiers à croire en la formation numérique comme levier d’emploi pour les jeunes. En 2021, il a rejoint la Goma Digital Academy où il conçoit des modules de formation en développement web, en marketing digital et en bureautique.
« Ce que nous offrons, c’est plus qu’un savoir technique : c’est une nouvelle manière de penser, de créer, de se connecter au monde. »
Sous sa coordination, l’Académie a noué des partenariats avec des entreprises locales pour proposer des projets réels aux apprenants, améliorant ainsi leur employabilité. Il plaide pour l’accès gratuit à Internet dans les centres de formation et l’intégration du numérique dans tous les cursus.
4. Sœur Bernadette Safari – Responsable du Centre de Formation Agroécologique "Tumaini"
Au nord de Goma, dans une zone semi-rurale, Sœur Bernadette Safari dirige un centre de formation axé sur l’agriculture durable, la transformation locale et la préservation de l’environnement. Elle forme des jeunes défavorisés, souvent déplacés ou sans diplôme, aux métiers verts.
« Nous voulons une formation qui nourrit l’esprit et la terre. Apprendre à cultiver en respectant la nature, à transformer ce qu’on produit, c’est se réconcilier avec notre environnement. »
Son modèle combine formation technique, éducation à la paix et spiritualité, et a déjà permis à plusieurs jeunes de créer de petites coopératives agricoles. Le centre collabore aujourd’hui avec des ONG et développe un projet pilote de ferme-école.
Conclusion : Des visages qui changent l’éducation à Goma
Qu’ils soient enseignants de terrain, coordinateurs de projets ou fondateurs d’écoles, ces acteurs partagent un engagement commun : adapter l’éducation et la formation aux réalités locales pour préparer la jeunesse à relever les défis économiques et sociaux de la région.
Ces portraits sont une invitation à reconnaître et soutenir les bâtisseurs silencieux de l’avenir de Goma.