L’état de l’éducation et de la formation professionnelle à Goma


1. L’état de l’éducation et de la formation professionnelle à Goma : Bilan et perspectives

À Goma, le secteur de l’éducation traverse une période charnière, marquée par une forte demande en formation, mais confrontée à d’importantes limites structurelles. Le manque d’infrastructures adaptées, l’insuffisance des enseignants qualifiés, la faible adéquation des curricula avec les réalités du marché de l’emploi, ainsi que l’inégalité d’accès à l’éducation, freinent les efforts de développement local.

Malgré cela, plusieurs initiatives, tant publiques que privées, commencent à émerger pour redynamiser l’éducation professionnelle. De nouvelles écoles techniques voient le jour, souvent soutenues par des ONG ou des institutions internationales. Mais les résultats restent encore fragmentés, faute d’une vision commune et d’une coordination efficace entre les acteurs.

Perspectives : Le renforcement du secteur éducatif passe par :

  • Une refonte des programmes d’enseignement pour les adapter aux réalités locales.
  • Une meilleure formation initiale et continue des enseignants.
  • Des investissements dans les infrastructures.
  • La mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation des performances des écoles et centres de formation.

2. L’éducation professionnelle comme moteur du développement local

À Goma, l’éducation professionnelle est de plus en plus perçue comme un levier stratégique pour dynamiser l’économie locale. Dans un contexte de chômage élevé et de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, former des jeunes à des métiers concrets peut répondre efficacement aux besoins des secteurs porteurs comme :

  • L’informatique et le numérique : développement web, maintenance, cybersécurité.
  • La mécanique et la logistique : réparation automobile, maintenance industrielle.
  • L’agriculture : transformation agroalimentaire, techniques agricoles modernes.
  • Le commerce : gestion, comptabilité, marketing digital.
  • Le tourisme et l’hôtellerie : accueil, restauration, éco-guides.

Solutions proposées :

  • Créer des partenariats entre les centres de formation et les entreprises locales.
  • Encourager les formations modulaires et certifiantes.
  • Intégrer les nouvelles technologies dans les méthodes pédagogiques.
  • Offrir des incitations fiscales aux entreprises qui accueillent des stagiaires ou forment des apprentis.

3. Les écoles techniques et l’apprentissage : un pont entre l’éducation et l’emploi

Les écoles techniques et les programmes d’apprentissage constituent un maillon essentiel entre le monde scolaire et celui du travail. À Goma, certains établissements réussissent à combiner efficacement enseignement théorique et apprentissage pratique, en partenariat avec les artisans, les PME ou les grandes entreprises.

Exemples réussis :

  • Le Centre Professionnel de Goma qui forme des jeunes en électricité, soudure, et plomberie, avec des stages garantis.
  • L’École Technique du Lac Kivu, spécialisée en hôtellerie et tourisme, qui collabore avec plusieurs hôtels locaux pour les stages pratiques.

Recommandations :

  • Étendre les modèles d’apprentissage dual (formation + pratique).
  • Mettre en réseau les établissements pour mutualiser les ressources.
  • Créer des fonds de soutien aux jeunes qui souhaitent suivre des formations techniques.

4. L’insertion des jeunes dans le marché du travail : obstacles et solutions

Le passage de l’école au monde professionnel est semé d’embûches pour les jeunes de Goma. Les principales difficultés identifiées incluent :

  • Le manque d’expérience professionnelle.
  • La faible qualité de certaines formations.
  • L’absence d’accompagnement à l’emploi (orientation, recherche de stages).
  • Le manque d’information sur les opportunités locales.

Pour améliorer l’employabilité des jeunes, plusieurs leviers doivent être activés :

  • Renforcement des stages obligatoires et valorisation de l’expérience terrain.
  • Programmes de mentorat impliquant des professionnels locaux.
  • Création d’incubateurs jeunesse pour accompagner les porteurs de projets.
  • Partenariats entre écoles et entreprises pour faciliter l’accès au premier emploi.

Conclusion générale du dossier

Pour que Goma puisse s’appuyer durablement sur sa jeunesse, il est impératif de faire de l’éducation et de la formation professionnelle une priorité stratégique. En renforçant les liens entre l’école et le monde du travail, en adaptant les formations aux besoins du marché local, et en mobilisant tous les acteurs autour d’une vision commune, la ville peut bâtir les fondations d’un développement local durable et inclusif.