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Bunia, quand informer devient un acte de survie

Le sit-in des journalistes de Bunia devant le gouvernorat provincial n’est pas un simple fait divers corporatiste. C’est un cri. Un cri de douleur, de colère et d’alerte après l’assassinat lâche de notre confrère Thierry Lole, journaliste à la RTNC/Bunia, tombé dans l’exercice d’un métier qui ne devrait jamais coûter la vie.

En se rassemblant pacifiquement, les journalistes n’ont pas seulement réclamé justice pour Thierry Lole. Ils ont posé une question fondamentale à l’État : qui protège ceux qui informent ? Dans une province marquée par une insécurité persistante, où les armes parlent plus fort que les lois, le silence des autorités serait une seconde mort infligée à la victime.

L’assassinat d’un journaliste n’est jamais un acte isolé. Il vise à intimider, à faire taire, à installer la peur dans les rédactions et l’autocensure dans les consciences. Quand un journaliste est tué et que les enquêtes n’aboutissent pas, c’est toute la société qui est bâillonnée.

Les professionnels des médias de l’Ituri exigent des enquêtes rapides, crédibles et transparentes. Cette exigence est légitime. Elle engage la responsabilité du gouvernorat, des services de sécurité et de la justice. Protéger les journalistes, ce n’est pas leur accorder un privilège ; c’est garantir le droit du citoyen à l’information.

Au Journal OWANDJI, nous rappelons avec force que la liberté de la presse ne se proclame pas dans les discours officiels : elle se mesure à la capacité de l’État à prévenir les violences, à punir les crimes et à sécuriser ceux qui portent la parole publique.

À Bunia aujourd’hui, informer est devenu un acte de bravoure. Et cela, dans une République, devrait profondément nous interroger. Justice pour Thierry Lole. Sécurité pour les journalistes. Maintenant.