Les habitants de Goma et la gestion des déchets : perceptions et comportements
Dans une ville en pleine croissance comme Goma, la question de la gestion des déchets ne concerne pas uniquement les autorités ou les organisations environnementales. Elle implique directement les habitants, dont les comportements quotidiens jouent un rôle déterminant dans la propreté et la salubrité de la ville.
À travers une enquête menée auprès de plusieurs résidents de différents quartiers de la ville, il apparaît que la gestion des déchets reste un défi quotidien, mais aussi un sujet de préoccupation croissante pour la population.
Une population consciente du problème
La majorité des habitants interrogés reconnaissent que l’accumulation des déchets constitue aujourd’hui l’un des principaux problèmes urbains de la ville.
Dans plusieurs quartiers, les déchets ménagers sont souvent déposés dans des dépotoirs improvisés, faute de système régulier de collecte. Les caniveaux obstrués par les plastiques et les déchets organiques aggravent les inondations pendant la saison des pluies et favorisent la propagation des maladies.
Pour beaucoup de citoyens, la situation actuelle menace non seulement l’environnement mais aussi la santé publique, notamment à proximité du Lac Kivu, où certains déchets finissent par se déverser.
Les défis quotidiens des habitants
Si les habitants sont conscients du problème, ils expliquent également que leurs comportements sont souvent dictés par le manque d’alternatives.
Parmi les principales difficultés évoquées :
- l’absence de services réguliers de collecte des déchets dans certains quartiers ;
- le manque de poubelles publiques ;
- l’absence de centres de tri ou de recyclage accessibles ;
- le coût parfois élevé des services privés de collecte.
Dans ces conditions, beaucoup de ménages se retrouvent contraints de jeter les déchets dans les ravins, les terrains vagues ou de les brûler.
Ces pratiques, bien que nuisibles à l’environnement, reflètent surtout une insuffisance d’infrastructures urbaines adaptées à la croissance de la ville.
Tri et recyclage : une pratique encore limitée
L’enquête révèle également que le tri des déchets à domicile reste très peu répandu à Goma.
La plupart des ménages mélangent les déchets organiques, plastiques et autres déchets dans un même sac ou un même récipient. Cette absence de tri complique fortement toute tentative de recyclage ou de valorisation.
Cependant, certaines personnes interrogées affirment conserver les bouteilles plastiques ou certains objets réutilisables pour les revendre ou les réutiliser dans le foyer.
Cette pratique informelle montre que le potentiel du recyclage existe déjà, même s’il reste encore peu structuré.
Une ouverture croissante aux solutions alternatives
Malgré les difficultés, l’enquête révèle un élément encourageant : une grande partie des habitants se disent prêts à adopter de nouvelles solutions pour améliorer la gestion des déchets.
Parmi les options évoquées par les citoyens :
- le tri des déchets à domicile si des systèmes de collecte adaptés sont mis en place ;
- le recyclage du plastique par des entreprises locales ;
- la transformation des déchets organiques en compost pour l’agriculture urbaine ;
- la participation à des campagnes communautaires de nettoyage.
Cette volonté démontre que les habitants ne sont pas seulement confrontés au problème, mais qu’ils peuvent aussi devenir des acteurs clés de la solution.
Vers une responsabilité partagée
L’enquête met en évidence une réalité essentielle : la gestion des déchets à Goma ne peut être résolue uniquement par des mesures techniques ou institutionnelles.
Elle nécessite une responsabilité partagée entre les autorités locales, les entreprises, les organisations communautaires et les citoyens.
La sensibilisation, l’éducation environnementale et la mise en place de systèmes accessibles de collecte et de recyclage pourraient progressivement transformer les comportements et améliorer durablement la propreté de la ville.
Car au-delà des infrastructures, l’avenir environnemental de Goma dépend aussi des choix quotidiens de ses habitants.
