Franc congolais : une appréciation qui renforce les réserves… mais jusqu’où ?
La récente annonce de la Banque centrale du Congo (BCC) selon laquelle les réserves internationales ont augmenté de 300 millions de dollars depuis l’appréciation du franc congolais est, sans doute, une bonne nouvelle pour l’économie nationale. Dans un pays où la stabilité monétaire est souvent fragile, un tel renforcement des réserves offre un souffle de sécurité, notamment face aux fluctuations des marchés internationaux.
Selon le gouverneur André Wameso, cette hausse s’explique par la combinaison d’une monnaie locale plus forte et d’une gestion prudente des devises. Une appréciation du franc réduit la demande de dollars sur le marché local et limite les interventions de la BCC, ce qui permet de préserver et même d’augmenter les réserves. La situation est renforcée par les cours élevés du cobalt, du cuivre et de l’or, piliers de nos exportations.
Avec 7,4 milliards USD de réserves, couvrant près de trois mois d’importations, la RDC atteint un seuil stratégique, offrant à la banque centrale une marge de manœuvre pour stabiliser la monnaie, notamment après les périodes de forte demande de devises. Ces conditions favorables doivent toutefois être considérées avec prudence.
Une appréciation prolongée du franc congolais n’est pas sans effets secondaires. Elle peut réduire les recettes publiques, notamment celles libellées en dollars mais perçues en francs. De plus, la soutenabilité de cette politique dépend de facteurs extérieurs, comme les cours des matières premières, et non d’une transformation structurelle de l’économie.
Le véritable défi pour la RDC est donc de convertir cette stabilité monétaire en moteur de développement économique. Une monnaie forte peut encourager l’investissement, stimuler la production locale et renforcer la confiance des acteurs économiques. Mais cela nécessite des réformes profondes : diversification de l’économie, amélioration du climat des affaires, coordination entre politique monétaire et budgétaire.
En définitive, l’augmentation des réserves est encourageante, mais elle ne doit pas masquer les fragilités du système économique. Pour que cette appréciation du franc congolais ne soit pas qu’une accalmie passagère, elle doit s’accompagner de mesures structurelles qui transforment la richesse du sous-sol congolais en prospérité durable pour tous.
