L’immobilier à Goma : un secteur en mutation, mais à quel prix ?

À première vue, l’essor du secteur immobilier à Goma peut être perçu comme un signe de progrès. De nouveaux bâtiments émergent, des projets résidentiels et commerciaux se multiplient, et la ville semble s’engager sur la voie de la modernisation. Pourtant, derrière cette dynamique se pose une question essentielle : cette croissance bénéficie-t-elle réellement à l’ensemble des habitants, ou risque-t-elle de creuser davantage les inégalités urbaines et sociales ?  L’un des effets les plus visibles de cette mutation est la spéculation foncière. La rareté progressive des terrains constructibles, combinée à une demande croissante, a entraîné une flambée des prix des parcelles et des loyers. Pour de nombreux ménages gomatraciens, accéder à un logement devient de plus en plus difficile. Certains sont contraints de s’éloigner du centre-ville, d’autres vivent dans des conditions précaires, sans sécurité juridique ni accès adéquat aux services de base.  Cette pression immobilière alimente également un risque d’exclusion sociale. Lorsque le marché immobilier se développe principalement au profit des investisseurs les plus solvables, une partie importante de la population se retrouve marginalisée. La ville se fragmente alors entre zones modernes, bien équipées, et quartiers sous-dotés, où les infrastructures peinent à suivre le rythme de la croissance démographique.  L’absence ou la faiblesse de la régulation accentue ces dérives. Sans règles claires et appliquées, le développement immobilier peut devenir anarchique, favorisant les abus fonciers, les constructions dans des zones à risque et la dégradation de l’environnement urbain. À Goma, où les contraintes naturelles sont déjà fortes, cette situation représente un danger à long terme, tant pour les habitants que pour les investisseurs eux-mêmes.  Pourtant, il ne s’agit pas de freiner le développement immobilier, mais de l’orienter. Une régulation équilibrée, associée à une planification urbaine rigoureuse, peut transformer le secteur en un véritable levier de développement inclusif. Cela implique une meilleure sécurisation foncière, des politiques de logement accessibles, et un contrôle effectif des pratiques spéculatives.  L’immobilier à Goma est donc à un tournant. S’il est laissé aux seules lois du marché, il risque d’accentuer les fractures sociales et urbaines. Mais s’il est encadré par une vision claire, concertée et équitable, il peut devenir un outil puissant pour construire une ville plus juste, plus résiliente et mieux préparée pour l’avenir. La question n’est plus de savoir si Goma doit se développer, mais comment elle choisit de le faire, et pour qui

À première vue, l’essor du secteur immobilier à Goma peut être perçu comme un signe de progrès. De nouveaux bâtiments émergent, des projets résidentiels et commerciaux se multiplient, et la ville semble s’engager sur la voie de la modernisation. Pourtant, derrière cette dynamique se pose une question essentielle : cette croissance bénéficie-t-elle réellement à l’ensemble des habitants, ou risque-t-elle de creuser davantage les inégalités urbaines et sociales ?

L’un des effets les plus visibles de cette mutation est la spéculation foncière. La rareté progressive des terrains constructibles, combinée à une demande croissante, a entraîné une flambée des prix des parcelles et des loyers. Pour de nombreux ménages gomatraciens, accéder à un logement devient de plus en plus difficile. Certains sont contraints de s’éloigner du centre-ville, d’autres vivent dans des conditions précaires, sans sécurité juridique ni accès adéquat aux services de base.

Cette pression immobilière alimente également un risque d’exclusion sociale. Lorsque le marché immobilier se développe principalement au profit des investisseurs les plus solvables, une partie importante de la population se retrouve marginalisée. La ville se fragmente alors entre zones modernes, bien équipées, et quartiers sous-dotés, où les infrastructures peinent à suivre le rythme de la croissance démographique.

L’absence ou la faiblesse de la régulation accentue ces dérives. Sans règles claires et appliquées, le développement immobilier peut devenir anarchique, favorisant les abus fonciers, les constructions dans des zones à risque et la dégradation de l’environnement urbain. À Goma, où les contraintes naturelles sont déjà fortes, cette situation représente un danger à long terme, tant pour les habitants que pour les investisseurs eux-mêmes.

Pourtant, il ne s’agit pas de freiner le développement immobilier, mais de l’orienter. Une régulation équilibrée, associée à une planification urbaine rigoureuse, peut transformer le secteur en un véritable levier de développement inclusif. Cela implique une meilleure sécurisation foncière, des politiques de logement accessibles, et un contrôle effectif des pratiques spéculatives.

L’immobilier à Goma est donc à un tournant. S’il est laissé aux seules lois du marché, il risque d’accentuer les fractures sociales et urbaines. Mais s’il est encadré par une vision claire, concertée et équitable, il peut devenir un outil puissant pour construire une ville plus juste, plus résiliente et mieux préparée pour l’avenir. La question n’est plus de savoir si Goma doit se développer, mais comment elle choisit de le faire, et pour qui.