PayServices : quand l’État rappelle la force de la loi
L’affaire PayServices, portée sur la scène médiatique et judiciaire internationale, intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo est engagée dans une quête délicate : moderniser ses services publics tout en préservant l’intégrité de ses finances. Ce dossier, au-delà des chiffres et des procédures, pose une question fondamentale : peut-on engager l’État sans la loi ?
La réponse du ministère des Finances est sans ambiguïté. Les protocoles d’accord et mémorandums d’entente signés dans le cadre du projet de digitalisation n’avaient aucun caractère contraignant sur le plan budgétaire. En droit congolais, seul un engagement validé par les autorités compétentes et autorisé par le Parlement peut lier le Trésor public. Ce rappel n’est pas une posture défensive, mais l’expression d’un principe républicain : l’argent public obéit à la loi, pas aux intentions.
La demande de paiement de vingt millions de dollars américains formulée par la société PayServices met en évidence un autre enjeu majeur : la vigilance dans le choix des partenaires. Les autorités congolaises évoquent des décisions prises par des instances américaines remettant en cause le statut et les activités de cette entreprise. Si ces éléments sont confirmés par la justice, ils renforcent la position de l’État et soulignent la nécessité d’une diligence rigoureuse avant toute coopération stratégique.
Dans un pays où la défiance envers les institutions demeure forte, les accusations de corruption, même infondées, laissent toujours des traces. Le démenti catégorique du gouvernement devra donc s’accompagner d’une transparence durable, seule capable de restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.
Au fond, l’affaire PayServices dépasse le cadre d’un contentieux financier. Elle révèle un État confronté à un choix clair : céder à la pression ou affirmer la primauté du droit. En optant pour la seconde voie, la RDC envoie un message essentiel : la modernisation ne se fera pas au détriment de la légalité, et la souveraineté budgétaire n’est pas négociable.
C’est à ce prix que le pays pourra bâtir un climat d’affaires crédible et une gouvernance publique respectée, condition indispensable à un développement durable et inclusif.
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