Quand la fête révèle l’essentiel : la solidarité comme boussole sociale à Goma
À Goma, les fêtes de fin d’année ne sont pas seulement un moment de réjouissance. Elles agissent aussi comme un révélateur brutal des disparités sociales qui traversent notre ville. Tandis que certaines familles célèbrent dans l’abondance, tables garnies et musiques à plein volume, d’autres affrontent cette période avec inquiétude, luttant simplement pour assurer un repas quotidien ou payer les soins de base.
Cette réalité, bien connue mais souvent tue, nous interpelle collectivement. Les fêtes, censées symboliser la joie, le partage et l’espoir, mettent en lumière un contraste saisissant entre deux Goma : celle qui consomme sans compter et celle qui survit en silence.
Pourtant, c’est précisément dans ce contexte que la solidarité prend tout son sens. À Goma, elle n’est pas un concept abstrait importé d’ailleurs ; elle est profondément ancrée dans nos traditions. Elle se manifeste dans le geste du voisin qui partage un repas, dans les jeunes qui organisent des collectes spontanées, dans les associations locales qui, malgré des moyens limités, tendent la main aux plus vulnérables.
La solidarité n’efface pas les inégalités structurelles, mais elle rappelle une vérité essentielle : une société ne se mesure pas uniquement à la richesse qu’elle produit, mais à la manière dont elle protège les plus fragiles. À l’heure où l’économie locale reste marquée par l’informalité, le chômage des jeunes et l’instabilité, ces élans solidaires deviennent des filets de sécurité sociaux informels mais vitaux.
Cependant, la solidarité ne peut pas être cantonnée à une émotion saisonnière. Elle doit s’inscrire dans la durée, se structurer, s’organiser. Les fêtes de fin d’année devraient être un point de départ, un moment de prise de conscience collective qui pousse à repenser nos priorités : investir dans l’humain, soutenir les initiatives communautaires, renforcer les mécanismes locaux d’entraide.
Le Journal OWANDJI estime que cette période nous offre une occasion rare : celle de transformer la compassion en action durable. Car une ville qui avance en laissant une partie de sa population derrière elle fragilise son propre avenir. À l’inverse, une Goma solidaire, consciente de ses fractures mais déterminée à les réduire, pose les bases d’un développement plus juste et plus résilient.
Au-delà des festivités, que cette fin d’année nous rappelle l’essentiel : la vraie richesse de Goma ne réside pas seulement dans ses ressources ou son dynamisme commercial, mais dans sa capacité à rester humaine, même dans l’adversité.
