Quand le cobalt n’enchaîne plus l’enfance : l’itinéraire de Patricia Kayombo
Des mines de cobalt de Lubumbashi aux lumières d’un atelier de mécanique, le parcours de Patricia Kayombo incarne une rupture salutaire avec la fatalité. « Je vivais avec ma mère, mes frères, mes sœurs, mon oncle et sa famille. Tout le monde travaillait dans les mines », confie-t-elle. Aujourd’hui, elle démonte et répare des moteurs, s’imposant dans un métier encore largement masculin. Son histoire n’est pas une exception isolée, mais le visage humain d’un changement structurel en cours.
Ce tournant est porté par le Projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et des jeunes dans la chaîne d’approvisionnement du cobalt (PABEA-COBALT), une initiative du Groupe de la Banque africaine de développement, dotée de 82 millions de dollars. L’ambition est claire : rompre le cycle du travail dangereux, réinscrire l’enfance dans l’éducation et offrir aux jeunes des compétences professionnelles durables. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 13 587 enfants sont retournés à l’école, 8 200 jeunes ont été reconvertis vers des métiers qualifiés, et plus de 10 500 parents ont bénéficié d’un appui pour lancer des activités génératrices de revenus dans l’agriculture ou l’élevage.
Au-delà des chiffres, PABEA-COBALT interroge notre modèle de développement. Dans une économie mondiale avide de cobalt pour la transition énergétique, la responsabilité sociale des chaînes d’approvisionnement devient incontournable. L’histoire de Patricia rappelle qu’investir dans l’éducation, la formation et l’inclusion n’est pas un coût, mais un choix stratégique. C’est ainsi que les ressources naturelles cessent d’hypothéquer l’avenir des enfants pour devenir un levier de prospérité partagée.
