L’état actuel de l’accès à l’eau potable à Goma
L’accès à l’eau potable à Goma demeure l’un des défis majeurs de la vie urbaine. Malgré la présence du lac Kivu et de plusieurs sources souterraines, la distribution d’eau reste insuffisante, irrégulière et inégalement répartie.
Selon les estimations des acteurs du secteur, une grande partie des ménages dépend encore des bornes-fontaines, des vendeurs d’eau privés ou de solutions alternatives comme les puits non contrôlés. Dans plusieurs quartiers périphériques tels que Ndosho, Mugunga, Kanyaruchinya, Turunga et certaines zones de Majengo, l’eau courante est rare voire absente certains jours.
La croissance démographique rapide de la ville, alimentée par l’exode rural et les déplacements liés à l’insécurité, a largement dépassé la capacité des infrastructures existantes. Cette pression accentue les déséquilibres entre les quartiers centraux mieux desservis et les périphéries souvent oubliées.
Les impacts de la crise de l’eau sur la santé et l’économie locale
La pénurie d’eau potable a des conséquences directes et profondes sur la population.
Sur la santé publique
Le manque d’eau propre favorise la propagation de maladies hydriques telles que :
- le choléra
- la typhoïde
- les diarrhées aiguës
- les infections parasitaires
Les hôpitaux et centres de santé de Goma enregistrent régulièrement des cas liés à l’insalubrité de l’eau consommée. Les enfants sont les premières victimes, en raison de leur vulnérabilité.
Sur les ménages
Les familles consacrent une part importante de leur revenu à l’achat d’eau potable auprès de revendeurs privés. Cette situation aggrave la pauvreté et réduit les capacités d’investissement dans d’autres besoins essentiels comme l’éducation ou l’alimentation.
Sur l’économie locale
Les petites entreprises, restaurants, hôtels, ateliers et unités de transformation alimentaire subissent des coûts supplémentaires liés à l’achat ou au stockage de l’eau. Certaines activités sont même contraintes de réduire leur production lors des périodes de pénurie.
Les infrastructures existantes et les défis de leur entretien
Le principal réseau de distribution d’eau de Goma repose sur des infrastructures vieillissantes, insuffisamment étendues et parfois endommagées.
État des infrastructures
- Réseaux de distribution limités aux zones urbaines centrales
- Bornes-fontaines insuffisantes dans les quartiers périphériques
- Fuites fréquentes dans les conduites
- Faible capacité de traitement et de stockage
Défis majeurs
- Manque de financement pour la modernisation
- Croissance urbaine non planifiée
- Difficultés d’accès à certaines zones pour les réparations
- Faible maintenance préventive
- Pression sur les ressources du lac Kivu sans traitement adéquat suffisant
Les projets en cours pour améliorer l’accès à l’eau
Plusieurs initiatives tentent de répondre à cette crise persistante.
Actions publiques
Les autorités locales et nationales travaillent, avec l’appui de partenaires techniques, à l’extension du réseau de distribution et à la réhabilitation de certaines infrastructures.
Interventions des ONG
Des organisations humanitaires interviennent dans les zones vulnérables pour :
- installer des points d’eau communautaires
- financer des systèmes de traitement
- sensibiliser sur l’hygiène et la prévention des maladies hydriques
Secteur privé
Certaines entreprises locales investissent dans la distribution d’eau en bidons, les stations de remplissage et les systèmes de purification, contribuant à combler partiellement le déficit.
Cependant, ces projets restent souvent dispersés et insuffisamment coordonnés pour répondre à la demande croissante.
Les solutions innovantes pour garantir l’eau potable à tous
Face aux limites actuelles, plusieurs solutions innovantes peuvent transformer durablement l’accès à l’eau à Goma.
Forages modernes et pompes solaires
L’exploitation des nappes souterraines via des forages équipés de pompes solaires permettrait une autonomie énergétique et une meilleure couverture des zones périphériques.
Systèmes de filtration domestique et communautaire
Les filtres à faible coût, les stations de purification et les systèmes de chloration peuvent améliorer rapidement la qualité de l’eau consommée.
Récupération des eaux de pluie
Avec des infrastructures adaptées (citernes, toitures collectrices), les eaux pluviales peuvent devenir une source complémentaire importante, surtout pendant les saisons de pluie.
Digitalisation et gestion intelligente
Des systèmes numériques de suivi des réseaux, de détection des fuites et de gestion des points d’eau pourraient améliorer l’efficacité et réduire les pertes.
Partenariats innovants
La combinaison entre État, secteur privé, ONG et communautés locales est essentielle pour assurer un financement durable et une gestion efficace.
Conclusion générale du dossier
La crise de l’eau à Goma n’est pas seulement un problème d’infrastructures : c’est une question de planification urbaine, de gouvernance et de choix de développement. Les solutions existent, mais leur impact dépendra de la coordination des acteurs et de la volonté d’investir durablement dans un service essentiel à la vie.
Garantir l’accès à l’eau potable à tous les Gomatraciens, c’est investir dans la santé, la stabilité sociale et l’avenir économique de la ville.
