Femmes de Beni : résister malgré la peur
Le 8 mars est souvent célébré à travers des discours, des fleurs et des promesses. Mais dans certaines régions de la République démocratique du Congo, cette journée ne ressemble pas à une fête. À Beni, au Nord-Kivu, elle est avant tout un rappel brutal d’une réalité : celle de femmes qui vivent sous la menace permanente de l’insécurité.
Depuis plusieurs années, les populations de ce territoire subissent les violences des groupes armés. Les femmes, particulièrement dans les zones rurales, paient un lourd tribut. La guerre ne détruit pas seulement des villages ; elle brise des vies, des moyens de subsistance et l’équilibre fragile des familles.
Pour beaucoup d’entre elles, cultiver la terre est devenu un acte risqué. Les champs, autrefois source de nourriture et de revenus, sont aujourd’hui des lieux de peur. Sans accès à la terre, les récoltes disparaissent et la pauvreté s’installe. Cette réalité économique touche d’abord les femmes, souvent responsables de la survie quotidienne de leurs foyers.
Mais au-delà des pertes matérielles, il existe des blessures invisibles. Les traumatismes psychologiques liés à l’insécurité, les violences basées sur le genre et la destruction d’infrastructures de santé aggravent la fragilité des communautés. Accoucher, se soigner ou simplement vivre dans la dignité devient un défi quotidien.
Pourtant, malgré ce contexte difficile, les femmes de Beni refusent de céder. Elles continuent de soutenir leurs familles, de vendre au marché, d’organiser la solidarité communautaire et de reconstruire, pas à pas, une vie marquée par l’incertitude.
Leur combat est silencieux, mais il est puissant. Il rappelle que la résilience féminine reste l’un des piliers de la survie sociale et économique dans les zones en crise.
Si l’on veut réellement parler de développement et de reconstruction dans l’est de la RDC, il faut placer ces femmes au cœur des solutions. Car protéger les femmes, soutenir leur accès à la terre, aux soins et aux activités économiques, c’est aussi protéger l’avenir des communautés.
À Beni comme ailleurs, la paix ne se mesurera pas seulement à l’absence des armes, mais à la capacité des femmes de vivre enfin sans peur.
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