Les coopératives rurales, piliers d’un développement durable autour de Goma

Crédit photo : Daniel MUCHOMBERO

1. Les coopératives agricoles : Impact sur la productivité et l’autosuffisance alimentaire

Dans le contexte de l'insécurité alimentaire persistante dans l'Est de la RDC, les coopératives agricoles de Goma et de ses environs émergent comme des structures clés pour renforcer la production vivrière, améliorer l'accès aux intrants agricoles et réduire la dépendance aux importations.

En regroupant les producteurs, ces coopératives facilitent :

  • l’achat collectif d’intrants (semences, engrais, outils) à moindre coût ;
  • l’adoption de techniques culturales améliorées via des formations ciblées ;
  • la mise en commun des moyens pour le transport, le stockage et la transformation des produits agricoles ;
  • l’accès à des débouchés plus rentables à travers des réseaux de vente organisés.

Des initiatives telles que la Coopérative Agropastorale de Bushagara ou encore la Coopérative Tushirikiane ont prouvé qu’avec un encadrement technique, la productivité peut doubler voire tripler en moins de deux saisons.

FAO – Agricultural Cooperatives: Key to Feeding the World
https://www.fao.org/news/story/en/item/161579/icode/
IFDC – Agricultural Productivity Programs in Sub-Saharan Africa
https://ifdc.org/our-work/projects/


2. Le financement des coopératives : Défis et opportunités

Le financement reste l’un des freins majeurs au développement des coopératives rurales. À Goma, nombreuses sont les structures qui peinent à investir dans du matériel, à accéder à des fonds de roulement ou à développer des activités génératrices de revenus à valeur ajoutée.

Parmi les principaux défis :

  • la méfiance des institutions financières envers les structures informelles ;
  • l’absence de garanties ;
  • la faiblesse de la comptabilité et de la gouvernance interne.

Cependant, des solutions émergent :

  • les programmes de microfinance agricole pilotés par des institutions comme PAIDEK ou COOPEC IMARA ;
  • des initiatives de financement participatif local via des caisses communautaires ;
  • le recours croissant à des fonds d’impact ou à des ONG internationales (ex. Cordaid, Swisscontact, IFAD).

Banque mondiale – Farmer Cooperative Financing
https://www.worldbank.org/en/news/feature/2019/06/11/supporting-farmer-cooperatives-in-africa
UNCDF – Local Development Finance
https://www.uncdf.org/local-development-finance
FinDev Gateway – Rural and Agricultural Finance
https://www.findevgateway.org/topics/rural-agricultural-finance


3. Les coopératives comme vecteurs d’inclusion sociale et de réduction des inégalités

Au-delà de leur rôle économique, les coopératives rurales autour de Goma favorisent l'inclusion sociale, notamment des femmes, des jeunes et des personnes déplacées ou marginalisées.

Les coopératives féminines telles que "Umoja wa Mama" ou les initiatives jeunes comme "Kivu Green Farmers" ont permis :

  • l’accès des femmes à la terre, aux crédits et à la formation agricole ;
  • la création d’emplois verts pour les jeunes déscolarisés ;
  • la réduction des tensions communautaires par des activités économiques collaboratives.

Ces structures permettent aussi une représentation égalitaire dans les instances décisionnelles, une rareté dans les zones rurales. En RDC, l’appui d’organisations comme ONU Femmes ou CARE International a renforcé cette dynamique inclusive.

ONU Femmes – Coopératives féminines et autonomisation
https://www.unwomen.org/fr/news/stories/2021/10/feature-rural-women-cooperatives-drivers-of-economic-change
ILO – Cooperatives and the Promotion of Decent Work
https://www.ilo.org/global/topics/cooperatives/lang--en/index.htm
CARE – Inclusive Rural Development
https://www.care.org/our-work/food-and-nutrition/inclusive-rural-development/


4. Formation et renforcement des capacités : Un levier pour la croissance des coopératives

Le succès des coopératives dépend largement des compétences de leurs membres : gestion, gouvernance, techniques agricoles, marketing, suivi comptable. Or, beaucoup manquent de ces savoirs fondamentaux.

Des programmes comme ceux de :

  • ADMR (Appui au Développement et au Monde Rural),
  • SNV (Organisation néerlandaise de développement),
  • Café Africa RDC dans le caféiculture ou ACTED dans l’agroécologie,

...offrent des formations techniques, des coachings sur la gestion participative, l’élaboration de business plans ou la formalisation juridique.

Les résultats sont clairs : les coopératives formées parviennent à mieux gérer leurs ressources, à diversifier leurs revenus et à améliorer la transparence.

SNV – Strengthening Farmer Organizations
https://snv.org/topic/farmer-organisations
CTA – Capacity Building for Agricultural Cooperatives (archivé)
https://publications.cta.int/en/publications/publication/1877/
IFAD – Rural Capacity Development
https://www.ifad.org/en/rural-capacity-development


En conclusion :

Les coopératives rurales dans la région de Goma sont bien plus qu’un modèle économique : elles incarnent une approche intégrée du développement, combinant production, inclusion, autonomisation et durabilité. Leur renforcement doit être une priorité pour tout programme de lutte contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire à l’Est de la RDC.

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