Le commerce de rue à Goma – moteur de l’économie locale
Dans les rues animées de Goma, le commerce de rue est omniprésent. Il rythme le quotidien des quartiers, crée du lien social, alimente l’économie de proximité et permet à des milliers de personnes de gagner leur vie. Loin d’être marginal, ce secteur constitue l’un des piliers essentiels de l’économie informelle locale.
Une activité vitale pour la survie économique
Des vendeuses de fruits et légumes sur les trottoirs de Birere, aux marchands ambulants de téléphones usagés en passant par les petits stands de friperie ou de pain chaud à Katindo, le commerce de rue offre des biens et services à des prix accessibles à la majorité de la population. Il permet aussi aux vendeurs, souvent sans autre alternative, de générer un revenu quotidien indispensable à la subsistance de leur foyer.
Pour de nombreux jeunes, femmes et déplacés internes, c’est le premier – voire le seul – moyen d’entrer dans la vie active. Il ne nécessite que peu de capital de départ, s’adapte facilement aux besoins du marché, et se déploie rapidement dans un contexte urbain en constante mutation.
Un puissant générateur d’emplois
Selon plusieurs sources locales, le commerce de rue fait vivre des milliers de ménages à Goma, soit directement (vendeurs, transporteurs, restaurateurs ambulants), soit indirectement (grossistes, fournisseurs, couturiers, etc.). Il est aussi un levier important pour les femmes, qui y trouvent une activité compatible avec leurs responsabilités familiales.
Ce secteur joue donc un rôle stratégique dans la lutte contre le chômage urbain et dans la résilience des communautés vulnérables.
Des défis persistants : régulations, insécurité et précarité
Malgré son importance, le commerce de rue reste en marge du système économique officiel. Les commerçants font face à de nombreuses difficultés :
- Insécurité juridique et expulsions fréquentes : sans statut reconnu, beaucoup sont chassés ou voient leurs marchandises confisquées lors d’opérations de "salubrité publique".
- Absence de lieux adaptés : les marchés officiels sont souvent saturés ou trop coûteux, ce qui pousse les vendeurs à s’installer dans des zones non autorisées, mais très fréquentées.
- Manque d’accès au crédit : sans garanties ni documents officiels, ces entrepreneurs informels sont exclus des systèmes de financement classiques.
- Conditions sanitaires précaires : le manque d’eau potable, d’abris ou de structures d’accueil rend l’activité vulnérable aux aléas climatiques et sanitaires.
Vers une meilleure reconnaissance et intégration ?
Face à ces réalités, plusieurs pistes sont à explorer pour accompagner le commerce de rue au lieu de le réprimer :
- Mettre en place des zones commerciales aménagées, accessibles et proches des grands axes de passage.
- Simplifier les procédures de formalisation, avec des licences abordables et adaptées aux petits vendeurs.
- Développer des programmes de microfinancement souples, en collaboration avec les coopératives locales.
- Offrir des formations de base en gestion, hygiène et marketing de rue, pour professionnaliser le secteur.
Conclusion : un commerce de proximité qui mérite une politique de proximité
Le commerce de rue à Goma est bien plus qu’une activité marginale : c’est une économie vivante, humaine et résiliente, qui structure la ville en profondeur. Lui reconnaître sa place, c’est non seulement soutenir les acteurs économiques de demain, mais aussi construire une ville plus inclusive, plus juste et plus dynamique.