L’électricité, levier oublié du développement à Goma
Depuis plusieurs années, Goma se débat avec une réalité que ses habitants connaissent trop bien : le courant électrique, indispensable à la vie quotidienne et au développement économique, demeure rare, instable, et cher. Pourtant, cette semaine marque une étape importante. Après un long parcours semé d’embûches, un transformateur de 110 tonnes est enfin arrivé à Mugunga pour être installé au poste haute tension de la SNEL.
Ce bloc d’acier et de cuivre, immobilisé pendant des années au port de Mombasa, n’est pas un simple objet technique. C’est un symbole. Symbole des lenteurs administratives, des blocages logistiques, mais aussi de la résilience d’une ville qui aspire au progrès. Son arrivée à Goma est plus qu’une nouvelle : c’est une promesse. La promesse d’une meilleure qualité de service électrique, d’un renforcement des capacités de production et, à terme, d’un souffle nouveau pour l’économie locale.
Car sans électricité, comment parler de développement industriel ? Comment imaginer une jeunesse qui innove, une université qui recherche, un artisanat qui prospère ? L’énergie est la clé de voûte de tout essor durable. Goma le sait. Ses ménages le savent, eux qui, chaque soir, jonglent entre les bougies, les groupes électrogènes et les factures exorbitantes. Ses entrepreneurs le savent, eux qui voient leur compétitivité freinée par un coût énergétique insupportable.
Cet équipement ne résoudra pas à lui seul tous les défis de l’électrification. Il devra être accompagné d’une gouvernance plus rigoureuse, d’investissements complémentaires, et d’une volonté politique constante. Mais il offre une opportunité rare : celle de redonner confiance. Confiance aux habitants, aux investisseurs, et à tous ceux qui croient que Goma peut devenir un hub économique de la région des Grands Lacs.
Au Journal OWANDJI, nous voulons rappeler que cette arrivée n’est pas une fin, mais un début. L’électricité ne doit plus être considérée comme un luxe, mais comme un droit. Et ce droit, l’État congolais a le devoir de le garantir.
L’histoire retiendra peut-être que ce transformateur de Mugunga aura marqué le tournant. Celui où la lumière a cessé d’être une promesse, pour devenir une réalité.