L’acceptation de l’énergie verte par la population : Quels sont les obstacles à surmonter ?
La transition énergétique ne dépend pas uniquement des politiques publiques et des investissements privés. Son succès repose aussi sur l’adhésion des populations et des acteurs économiques. À Goma, où l’accès à l’électricité reste irrégulier, l’intérêt pour les solutions d’énergie verte est réel, mais plusieurs obstacles ralentissent encore leur adoption.
Une population intéressée mais prudente
De nombreux ménages et entreprises locales reconnaissent les avantages des solutions renouvelables, notamment l’énergie solaire : autonomie énergétique, réduction des dépenses liées aux générateurs et amélioration de la fiabilité de l’approvisionnement. Les PME, en particulier les commerces, ateliers et services numériques, voient dans ces solutions une opportunité de stabiliser leurs activités.
Cependant, cette volonté d’adoption reste souvent freinée par des préoccupations financières et techniques.
Le coût initial : principal frein à l’adoption
Le premier obstacle évoqué par les habitants et les entrepreneurs concerne le coût d’installation. Les panneaux solaires, batteries et équipements associés représentent un investissement initial important, difficilement accessible pour de nombreux ménages à revenus modestes ou pour les petites entreprises.
En l’absence de mécanismes de financement adaptés crédits énergétiques, paiements échelonnés ou subventions la transition énergétique demeure perçue comme une solution réservée à une minorité disposant de moyens financiers suffisants.
Les défis techniques et infrastructurels
L’adoption des solutions d’énergie verte dépend également de la disponibilité de compétences techniques locales. Le manque de techniciens qualifiés pour l’installation et la maintenance des équipements constitue une inquiétude récurrente. Les utilisateurs craignent notamment :
- Les pannes sans service technique disponible
- La difficulté à trouver des pièces de rechange
- L’absence de garanties fiables sur certains équipements
Le renforcement de la formation technique locale apparaît ainsi comme un élément clé pour consolider la confiance du public.
Le déficit de sensibilisation et d’information
Une partie de la population reste encore insuffisamment informée sur les avantages réels des énergies renouvelables. Certaines perceptions persistent : coût supposé trop élevé à long terme, doute sur la durée de vie des équipements ou méconnaissance des économies possibles.
Des campagnes de sensibilisation ciblées, accompagnées de démonstrations concrètes et de projets pilotes visibles dans les quartiers, pourraient accélérer l’acceptation sociale de ces solutions.
Entreprises locales : un intérêt croissant mais conditionnel
Les entreprises locales manifestent un intérêt de plus en plus marqué pour les solutions énergétiques alternatives, notamment pour sécuriser leurs opérations face aux coupures fréquentes. Toutefois, leurs décisions d’investissement restent fortement liées :
- À la rentabilité économique des installations
- À la disponibilité de financements adaptés
- À la stabilité des politiques publiques en matière énergétique
Des mécanismes incitatifs, tels que des avantages fiscaux ou des programmes de soutien aux PME, pourraient accélérer leur engagement.
Conclusion : lever les obstacles pour accélérer la transition
L’enquête montre que la population et les entreprises de Goma ne sont pas opposées à l’énergie verte ; au contraire, l’intérêt est réel. Les principaux défis à surmonter concernent surtout le financement initial, la formation technique et la sensibilisation.
En combinant politiques publiques adaptées, initiatives privées et programmes de financement innovants, la transition énergétique pourrait rapidement passer d’une ambition stratégique à une réalité quotidienne pour les habitants et les entreprises du Kivu.
