L’eau, un défi vital pour Goma : quelles solutions durables ?
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| Patient NGANDU, Directeur de publication |
À Goma, l’eau potable reste un paradoxe quotidien. Ville entourée par le lac Kivu et pourtant confrontée à une pénurie chronique d’eau sûre, elle incarne l’un des défis les plus urgents de la vie urbaine en République Démocratique du Congo. Entre croissance démographique rapide, infrastructures insuffisantes et pressions environnementales, l’accès à l’eau n’est plus seulement une question technique : c’est une question de dignité humaine.
Une pénurie au cœur de la vie quotidienne
Dans plusieurs quartiers de Goma, l’eau courante est irrégulière, parfois inexistante. Les ménages doivent parcourir de longues distances pour s’approvisionner aux bornes-fontaines ou dépendre de vendeurs privés dont les prix varient selon la disponibilité. Cette réalité accentue les inégalités sociales et expose les populations à des risques sanitaires élevés, notamment les maladies hydriques.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que la ville se situe à proximité d’une immense réserve d’eau douce. Mais l’exploitation de cette ressource nécessite des infrastructures de traitement, de distribution et de gestion qui peinent à suivre le rythme de l’urbanisation.
Des besoins urgents et structurants
Les besoins sont à la fois immédiats et structurels. À court terme, il s’agit d’améliorer la distribution, de réhabiliter les réseaux vétustes et d’augmenter le nombre de points d’eau accessibles. À long terme, la question est plus profonde : comment garantir une gestion durable et équitable de la ressource ?
L’urbanisation rapide de Goma, souvent non planifiée, exerce une pression constante sur les infrastructures existantes. Les quartiers périphériques, en pleine expansion, restent les plus touchés par le manque d’accès à l’eau potable.
Des efforts en cours, mais encore insuffisants
Des initiatives publiques, privées et communautaires existent. Certains projets visent à étendre les réseaux de distribution, à installer de nouvelles bornes-fontaines ou à améliorer le traitement de l’eau. Des ONG et partenaires techniques appuient également des programmes d’accès à l’eau dans les zones vulnérables.
Cependant, ces efforts restent fragmentés face à l’ampleur du défi. Le manque de coordination, de financement durable et de maintenance des infrastructures limite leur impact à long terme.
Vers des solutions durables
Pour répondre durablement à cette crise, plusieurs pistes s’imposent :
- Investir massivement dans les infrastructures hydrauliques, notamment les stations de traitement et les réseaux de distribution.
- Renforcer la gouvernance de l’eau, afin d’assurer une gestion transparente et efficace.
- Impliquer les communautés locales dans la gestion et la protection des points d’eau.
- Encourager des partenariats public-privé, pour mobiliser des ressources financières et techniques.
- Promouvoir la protection des sources et de l’environnement, afin de préserver la qualité de l’eau du lac Kivu et des nappes souterraines.
Conclusion
L’accès à l’eau potable à Goma ne peut plus être perçu comme un luxe ou un objectif lointain. C’est une urgence vitale, un droit fondamental et un levier de développement. Sans eau, il n’y a ni santé, ni éducation efficace, ni véritable développement économique.
La question n’est donc plus de savoir si des solutions existent, mais si la volonté collective politique, technique et citoyenne sera suffisamment forte pour les mettre en œuvre durablement.
