RN2 Butembo-Kanyabayonga : l’indemnisation, premier test de la justice sociale du chantier
Le processus d’indemnisation des riverains affectés par les travaux de bitumage de la RN2 entre Butembo et Kanyabayonga avance, et c’est une nouvelle qui mérite d’être saluée. Les assurances données par la société civile de Butembo, confirmant que la majorité des propriétaires entre Njiapanda et Kaliva ont déjà été compensés, traduisent une volonté de placer l’humain au cœur de ce projet structurant. Des sources officielles avaient déjà indiqué que les riverains touchés étaient en grande partie indemnisés avant le lancement du chantier.
Au-delà du bitume, ce chantier pose une question essentielle : celle de la justice foncière et de la confiance entre l’État et les citoyens. Une route moderne ne se construit pas uniquement avec des engins et du ciment, mais aussi avec l’adhésion des populations concernées. En garantissant une compensation à la juste valeur des parcelles, les autorités envoient un signal fort : le développement ne doit pas se faire au détriment des droits des habitants.
Les cas encore en attente pour raisons administratives rappellent toutefois la nécessité d’un suivi rigoureux, transparent et rapide. Dans une région où chaque parcelle représente souvent l’épargne de toute une vie, tout retard peut nourrir frustrations et incompréhensions.
L’identification de nouvelles parcelles fragilisées par les intempéries et le déplacement en urgence de certains ménages après les éboulements montrent aussi que le projet dépasse le simple cadre routier. Il touche à la sécurité des familles, à l’aménagement du territoire et à la résilience face aux aléas climatiques.
En réalité, la RN2 Butembo-Kanyabayonga est bien plus qu’une route : elle est un levier socio-économique majeur pour désenclaver le Grand Nord, fluidifier les échanges commerciaux et redonner espoir à toute une région. Mais son succès se mesurera autant à la qualité du bitume qu’à l’équité du traitement réservé aux populations impactées.
Le vrai défi est donc clair : faire de cette infrastructure un modèle où progrès, justice sociale et dignité humaine avancent sur la même voie.

