L’Afrique n’est pas une poubelle : elle est une puissance en devenir

Pendant que certains parlent d’avenir, d’autres nettoient déjà le présent. Des tonnes de plastique derrière nous, mais zéro excuse devant nous.

À Goma comme dans de nombreuses villes africaines, les caniveaux débordent de sachets plastiques, les plages sont souillées, et les marchés croulent sous les déchets. Pourtant, chaque matin, des jeunes, des femmes, des associations locales se mobilisent. Balais en main, sacs sur le dos, ils ne font pas que nettoyer : ils défendent la dignité économique et environnementale du continent.

Un problème écologique… mais surtout économique

Le plastique n’est pas seulement une menace pour l’environnement. Il est un frein au développement :

  • Inondations urbaines dues aux canalisations obstruées
  • Maladies liées à l’insalubrité
  • Baisse de l’attractivité touristique
  • Perte de productivité

Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), l’Afrique génère des millions de tonnes de déchets plastiques chaque année, dont une grande partie n’est ni collectée ni recyclée. Mais derrière ces chiffres alarmants se cache une opportunité : transformer un fléau en filière économique structurée.

De la saleté à la richesse : l’économie circulaire africaine


Partout sur le continent, des initiatives émergent :

  • Des briques fabriquées à partir de plastique recyclé
  • Des pavés écologiques pour la construction
  • Des start-up spécialisées dans la collecte et la valorisation des déchets
  • Des coopératives féminines de tri et de transformation

L’économie verte n’est plus un slogan. Elle devient un secteur créateur d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Dans un contexte où le chômage reste un défi majeur, la gestion des déchets peut devenir un moteur d’inclusion économique.

L’Afrique n’est pas une poubelle


Trop longtemps, le continent a été perçu comme une destination secondaire pour les déchets produits ailleurs. Certains pays africains ont reçu des cargaisons de déchets plastiques venus d’autres continents, révélant un déséquilibre mondial criant.

Mais les mentalités changent.

Les politiques publiques commencent à interdire les sachets plastiques à usage unique. Les collectivités locales expérimentent des systèmes de collecte modernisés. Les entrepreneurs investissent dans des solutions locales adaptées aux réalités africaines. L’Afrique refuse d’être le dépotoir du monde. Elle revendique sa place comme acteur responsable et innovant de la transition écologique.

Une question de leadership et de conscience collective

Le véritable enjeu n’est pas seulement technique. Il est culturel et politique.

  • Comment inculquer l’éducation environnementale dès l’école ?
  • Comment inciter les municipalités à investir durablement dans la salubrité ?

  • Comment encourager les entreprises à adopter des emballages responsables ?

La propreté d’une ville reflète la qualité de sa gouvernance. L’assainissement urbain n’est pas un détail esthétique : c’est un indicateur de maturité économique.

Nettoyer le présent pour bâtir l’avenir

Ceux qui ramassent les déchets aujourd’hui ne sont pas simplement des volontaires. Ils sont les architectes silencieux d’une Afrique plus forte. Ils rappellent que le développement ne commence pas dans les discours, mais dans les gestes quotidiens.

Oui, des tonnes de plastique sont derrière nous. Mais devant nous, il y a une génération qui refuse les excuses. L’Afrique n’est pas une poubelle. Elle est une puissance en devenir  écologique, économique et morale.